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Haussmann - Michel Carmona


Ce mois-ci, j'ai terminé la lecture de la biographie de Georges-Eugène Haussmann, préfet de la Seine de 1853 à 1870, soit la totalité du règne de Napoléon III à un an près. C'est peu dire sur la confiance qu'avait mis l'empereur des Français en cet administrateur à la main de fer, chargé de mener à bien la transformation de Paris qu'il avait en tête. Celui qui devint par la suite baron grâce aux services rendus à la France, fit d'abord ses preuves comme sous-préfet, puis préfet, notamment en Gironde, avant d'être appelé au poste qui fit sa renommée. Cette première partie du livre n'est pas la plus intéressante car le biographe détaille les passages d'Haussmann en Haute-Loire, dans le Var, dans l'Yonne ... De conviction bonapartiste, il va petit à petit monter en puissance au fur et à mesure de celle de Napoléon III.

La partie du livre qui m'a le plus passionné est bien sûr celle concernant les grands travaux parisiens, menés en trois vagues successives. En schématisant, il y eut tout d'abord, le percement de la grande croisée qui structure l'espace de Paris, deux axes est-ouest de part et d'autre de la Seine et un axe nord-sud. Ensuite, à l'intérieur du Paris de l'époque, c'est à dire dans l'enceinte des Fermiers Généraux, de larges boulevards sont venus désservir les grandes gares et les différents quartiers du Paris de l'époque. Lorsque Paris annexa en 1860 le territoire des communes limitrophes jusqu'aux fortifications (On passa de 12 à 20 arrondissements), le maillage fut élargi à ce grand Paris. Moi qui connait pas trop mal la capitale, j'ai juste trouvé passionnant de suivre l'évolution de ces travaux, leurs montages financiers, les luttes politiques en jeu, mais aussi tout simplement l'évolution du Second Empire ... Même si la plupart des monuments préexistaient, nos boulevards, nos grandes places et nos parcs sont apparus à cette époque en lieu et place de quartiers souvent peu aérés et surpeuplés, où la misère et le manque d'hygiène régnaient. L'adduction d'eau et le système des égouts de Paris ont été également énormément développés à cette époque. Des quartiers entiers sortirent de terre (Opéra, Etoile ...). Beaucoup de gens furent expropriés, l'équilibre social et démographique grandement modifié. C'est à cette époque que s'accentua le contraste entre l'ouest bourgeois et l'est ouvrier. Pour l'anecdote, Napoléon III mis le bois de Vincennes en chantier pour donner aux quartiers populaires leur propre bois de Boulogne.
 
Ces grands travaux détruisirent une partie du Paris issu de l'époque médiévale et ont dont leurs détracteurs. Mais, force est de constater que le Paris actuel doit beaucoup à la ténacité du préfet Haussmann et au soutien indéfectible de Napoléon III. Un Paris assez monumental, avec ses façades dites "haussmanniennes" et ses grandes perspectives, cohabite dorénavant avec les ruelles du vieux Paris.