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Darwin et la science de l'évolution - Patrick Tort


"Découvertes Gallimard" est une collection encyclopédique illustrée en format poche que j'affectionne beaucoup. J'en ai lu plusieurs sur différents sujets et depuis ma visite à la galerie de l'évolution du muséum national d'histoire naturelle (dans le jardin des Plantes de Paris), je voulais lire celui consacré à Darwin, l'illustre théoricien de la sélection naturelle. C'est chose faite cet été sur la plage entre deux romans.
 
Charles Darwin (1809-1882) est le naturaliste britannique qui édifia sa théorie de l'évolution par simple observation de la nature. Il l'étudia énormément chez lui en Angleterre et lors d'un voyage de 5 ans autour du monde pendant sa jeunesse. Il donnera officiellement jour à sa théorie de la sélection naturelle en 1859 au moment de la première édition de son livre 'L'origine des espèces'. Ce ne sera évidemment qu'au 20ème siècle avec l'avènement de la biologie moléculaire et de la génétique, ainsi qu'avec les progrès de la paléontologie, que la science confirmera la modification progressive des espèces au fil du temps. 

Contrairement aux positions des créationnistes religieux, Darwin considérait que les espèces animales et végétales n'étaient pas fixes. Elles se transforment lentement pour s'adapter à leur milieu en répondant à leurs besoins, avec par exemple le développement d'organes qui leur sont utiles ou au contraire la disparition de ceux devenus inutiles. Ainsi, conformément au principe de lutte pour l'existence, une variété animale ou végétale qui développe et porte héréditairement un changement morphologique survit et se développe par le nombre de sa descendance. Au contraire, les variétés les plus faibles disparaissent. Ainsi, la "compétition" se fait à l'intérieur d'une espèce et non pas entre espèces. Cela explique, par exemple, que les populations humaines du sud ont la peau brune. Non pas parce que le bronzage se serait "fixé" au fil des générations mais plutôt parce que la peau brune est plus résistante aux attaques du soleil et que les populations à la peau plus claire (qui au contraire se sont développées au nord car mieux adaptées au manque de soleil) ont vu leur descendance s'éteindre dans le sud.
 
Une partie intéressante du livre parle de l'altruisme humain consistant à protéger dans nos sociétés les plus faibles et que l'on pourrait considérer à contre-courant de la sélection naturelle. D'après Darwin, la civilisation est une conséquence de l'évolution de l'espèce humaine. Il n'y a donc pas rupture avec la nature, les conduites d'entraide étant courantes chez de nombreux animaux. Malgré ce que certains ont pu avancer, Darwin n'était pas eugéniste, ni raciste ou sexiste. Notamment anti-exclavagiste déclaré, la supériorité sociale souvent constatée dans les sociétés humaines ne sont pour lui que le fruit d'un milieu physique et d'une histoire.
 
Je pensais lire de nombreuses choses sur les débats entre le théoricien et l'église. Apparemment, l'affrontement n'a pas vraiment eu lieu en sa présence car Darwin n'aimait pas la confrontation. Il préférait convaincre sur la distance en améliorant sa théorie au fur et à mesure des critiques énoncées. Depuis cette époque, l'église catholique a en partie adopté les principes de Darwin afin de conserver une certaine crédibilité vis à vis de la science, en favorisant l'interprétation de l'ancien testament au sens figuré (mythe d'Adam et Eve) et en précisant la séparation du corps, abandonné à l'évolution biologique, et de l'âme, créée par Dieu. 
 
Un Gallimard vraiment très intéressant. Souvent ardu, mais ce sujet peu facile à appréhender souffrirait-il d'une vulgarisation supplémentaire ?
 
Lu sur Wikipédia pour illustrer la sélection naturelle :
 
Deux brontosaures voient un tyrannosaure royal avancer dans leur direction et se mettent à courir aussi vite qu'ils le peuvent. Puis l'un des deux dit à l'autre :
« Pourquoi nous fatiguons-nous au juste ? Nous n'avons de toute façon pas la moindre chance d'arriver à courir plus vite qu'un tyrannosaure ! »
Et l'autre lui répond cyniquement :
« Je ne cherche pas à courir plus vite que le tyrannosaure. Je cherche juste à courir plus vite que toi ! »