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Fatherland - Robert Harris


L'Allemagne nazie a gagné la guerre. En 1964, son territoire s'étend sur la moitié du continent européen en paix depuis 1946 et elle contrôle largement le reste de l'Europe au sein de la Communauté Européenne. En pleine guerre froide avec les Etats-Unis, l'Empire allemand qui s'étend jusqu'à l'Oural s'apprête à fêter les 75 ans de son Führer lorsque commence l'enquête du Sturmbannführer March. Cet officier de la KriminalPolizeï de Berlin un peu "borderline" question loyauté au régime, ne sait pas encore que ce cadavre repêché dans un lac va changer sa vie et peut-être compromettre l'avenir du Reich.
 
Avec un pitch pareil, comment résister à la lecture de ce polar, genre ô combien éloigné de mes habitudes de lecture ? Je n'ai aucun regret à avoir car je l'ai trouvé passionnant. Le roman débute sur une simple histoire policière banale. Seuls les détails de la vie quotidienne des Berlinois dans une société fasciste, distillés intelligemment au compte-gouttes par l'écrivain,  pousse un lecteur comme moi à continuer à tourner les pages. Heureusement, l'intrigue policière légèrement rasoir laisse assez vite place à une intrigue politique et historique de premier plan. Ce passé réinventé nous laisse scotché au livre jusqu'à la dernière page.

Collection Pocket - page 138

Le paragraphe quarante-deux du Code Criminel du Reich : tout condamné pour récidive ou outrage aux moeurs peut être arrêté sur le soupçon d'un délit ou crime qu'il pourrait commettre. Le National-Socialisme enseignait qu'on avait la criminalité dans le sang : on naissait avec elle, comme on tient de naissance un talent musical ou des cheveux blonds. Donc, la personnalité du criminel, et non le crime, déterminait la sentence. Un délinquant qui dérobait quelques marks après deux ou trois coups de poing pouvait être condamné à mort, sur la base de "dispositions tellement enracinées pour le crime que cela excluait toute possibilité qu'il devienne un membre utile de la communauté du peuple". Et, le lendemain, devant la même court, un membre dévoué du Parti, meurtrier de sa femme pour une remarque désobligeante, pouvait être libéré sous caution, à charge de ne plus se livrer à une quelconque voie de fait.