Accéder au contenu principal

Et Nietzsche a pleuré - Irvin Yalom

 

La philo pour les nuls

 

Irvin Yalom est un auteur dont je n'avais jamais entendu parler avant qu'on me conseille chaudement son premier roman 'Et Nietzsche a pleuré', un ouvrage "à vocation pédagogique" qui prend principalement la forme d'un dialogue entre le célèbre penseur et philosophe Friedrich Nietzsche et le médecin juif autrichien Josef Breuer, qui est considéré comme l'un des pères de la psychanalyse (il aurait beaucoup influencé Sigmund Freud qui intervient d'ailleurs dans le roman). Nietzsche et Breuer ne se sont jamais rencontrés dans la vraie vie, mais Irvin Yalom, dans sa fiction, les réunit et créé de toute pièce une situation considérée comme inédite quand chacun d'eux devient le patient de l'autre. Par cette expérience pragmatique, sont illustrés les premiers pas de la médecine par la parole ...
 
Assez peu d'action donc dans ce roman mais de brillantes conversations autour d'une intrigue philosophique et psychanalytique réellement passionnante pour tout un chacun puisque le propos par nature bavard est finalement assez accessible pour le lecteur novice. Le livre est bourré de phrases marquantes et chacun, je pense, pourra y trouver des réflexions qui lui parleront comme la peur de vieillir, de ne pas "vivre sa vie", la recherche de la vérité etc ... Pour les nuls en philo comme moi, on a la sensation (l'illusion ?) de toucher du doigt les thèmes de la pensée nietzschéenne et de vivre les premières heures de la psychanalyse. Une lecture que je ne peux que conseiller !

Le Livre de poche - page 453

"Ce que je puis vous dire, c'est que depuis deux ans j'avais peur de vieillir, de ce que vous nommez "l'appétit du temps". J'ai lutté - mais comme un aveugle. Je m'en suis pris à mon épouse plutôt qu'au véritable ennemi. Et, en désespoir de cause, j'ai fini par m'en remettre à quelqu'un qui n'avait nulle intention de me sauver."
Breuer s'arrêta un instant et se gratta la tête. "Je ne sais pas que vous dire d'autre, sinon que, grâce à vous, je sais maintenant que le secret d'une vie heureuse est d'abord de vouloir ce qui est nécessaire, et ensuite d'aimer ce qu'on a voulu."
Surmontant son trouble, Nietzsche fut stupéfait par les paroles de Breuer.