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Le caveau de famille - Katarina Mazetti


L'amour vache


Désirée et Benny n'en avaient pas fini avec nous. A la fin du premier tome de leur histoire 'Le mec de la tombe d'à côté', tout les séparait. Mais justement, malgré ça, ils ne parvenaient pas à se séparer, à se quitter une fois pour toute. Avoir un enfant ensemble leur semblait l'unique raison valable de relever le défi de supporter leurs différences malgré le lien magnifique qui les réunissait. Car la vie de Benny, éleveur de vaches laitières aux moeurs traditionnelles et celle de Désirée, bibliothécaire citadine et intello, n'ont pas grand chose en commun. Dans ce second épisode de leur histoire, Désirée tombe enceinte. Bonheurs et soucis vont envahir leur quotidien fait, comme d'autres millions de couples, de contingences matérielles et de difficiles concessions.

J'ai aimé ce nouvel épisode ni plus ni moins que le premier, même s'il est plus pessimiste, moins léger dans le propos. L'auteur s'appesantit moins sur les différences de mode de vie entre les amoureux. Ces deux-là ont bien intégré ce qui caractérise l'autre. L'accent est plutôt mis sur les difficultés de vivre ensemble au jour le jour quand on a une vie laborieuse à la campagne avec une famille nombreuse. Chacun "voit midi à sa porte" et est persuadé d'en faire plus que sa part. A ce jeu-là, il faut bien admettre que Désirée se sacrifie pas mal sur l'autel de la vie de couple.

Le roman est bien senti, spirituel et raisonnablement distrayant, surtout grâce au contraste apporté par la narration à deux voix. Les courts chapitres rythmés connaissent en effet une alternance de points de vue entre les deux héros qui permet de capter les impressions et réflexions bien tournées de chaque protagoniste avec humour et finesse. Une histoire plaisante, parfois caustique mais jamais transcendante.

Collection Babel - pages 178 et 179

Bref : il n'y a rien de plus stressant qu'être parents d'enfants en bas âge. Si, peut-être travailler dans la tour de contrôle d'un aéroport international. Avec du brouillard et l'espace aérien rempli de jumbo-jets. Mais même les aiguilleurs du ciel rentrent chez eux prendre du repos pendant quelques heures.
On ne sait pas cela quand on décide d'avoir des enfants, et tant mieux. Parce qu'on ne sait pas non plus qu'on est tous capables d'un tel amour inouï, on n'y est pas préparé. Subitement grâce à eux, la vie prend toutes ses dimensions.

Commentaires

  1. Bonjour Sorel, personnellement, j'ai beaucoup aimé cette suite du "Mec.." où Katherine Mazetti nous montre que la vie de couple n'est pas une sinécure. Bonne soirée.

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  2. Salut Dasola, oui et en effet, c'est mission accomplie pour l'écrivaine. Il faut réfléchir avant d'avoir des enfants ;-)

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  3. Tu me donnes des idées de lecture, dès que je vais pouvoir reprendre ces chères habitudes !
    P.S. J'ai pas mal feuilleté ton blog et j'ai trouvé des articles très attractifs. Merci à toi

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