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L'écrivain de la famille - Grégoire Delacourt


Le faux du vrai


'La liste de mes envies' m'avait ravi, 'La première chose qu'on regarde' m'avait interpellé et 'L'écrivain de la famille' m'a déplu. Comme il s'agit de son premier roman et que Grégoire Delacourt y parle de lui, l'ouvrage donne l'impression d'avoir été le passage obligé d'un auteur qui avait besoin d'une sorte de psychothérapie personnelle sur papier avant de pouvoir s'attaquer à d'autres thèmes. A sept ans, sa famille lui aurait inconsciemment mis la pression pour devenir "l'écrivain de la famille" alors qu'il venait de composer un poème marrant et vaguement séduisant, un soit-disant souvenir traumatique qui a eu, manque de bol, pour conséquence à terme de le transformer en écrivain à succès.

Le livre est une sorte de biographie romancée (ou comme lu ailleurs, une autofiction) dans laquelle il est impossible, et tant mieux, de démêler le vrai du faux sur le réel parcours de Grégoire Delacourt à propos de ses galères familiales, sentimentales voire professionnelles. D'ailleurs ici, le héros s'appelle Édouard. Il nous confie sa vie sans que celle-ci ait, je trouve, quelque réel intérêt. Il en profite pour justifier son passage de fabricant de publicités, son premier métier, à auteur de fictions. C'est assez décousu et parfois, ça sonne même un peu faux (cf. la nana sur le capot de la bagnole) malgré quelques gracieuses fulgurances dans l'écriture. L'auteur possède d'évidentes qualités d'écriture qui lui ont permis d'accéder au succès public et au bon accueil des critiques. Son style est léger, fluide et sait faire l'économie des mots (et de la ponctuation), ce qui s'avère finalement utile pour toucher sans détour le lecteur au coeur. Plus que sa plume, c'est bien ce qu'il raconte qui m'a cette fois-ci un peu ennuyé. Je vous conseille plutôt de lire l'un des deux romans écrits ensuite.
 

Le Livre de Poche - page 44


Les mots étaient là pourtant. Tout était là. Les adjectifs, les adverbes, les propositions subordonnées, les pronoms relatifs, la conjugaison du verbe être au plus-que-parfait et pourtant j'étais incapable d'écrire. Ils m'emmerdaient, ils me sortaient par les yeux les mots. Quoi ? J'avais écrit un poème minable et j'avais été catalogué écrivain de la famille. Et puis quoi encore ? J'aurais disséqué une grenouille, crevé un chat que j'aurais été le médecin de la famille, l'assassin de la famille. Séduit une cousine acnéique, le don Juan de la famille. Et puis quoi encore ? Mon frère était-il le simplet de la famille ; celui dont on ne prononce pas le prénom pour qu'il n'existe pas tout à fait. Et puis quoi encore. Claire, un jour, la maumariée de la famille ? Les rêves des autres nous damnent. Aux chiottes !

Commentaires

  1. Je n'avais pas été emballée non plus, et je m'étais même dit que c'était un peu le Beigbeder du pauvre (je n'aime pas trop Beigbeder non plus faut dire) . Du coup je n'en lirai pas d'autres de cet auteur, peut-être que je me prive de quelque chose, mais franchement pour moi sa plume ne méritait pas vraiment une seconde chance.

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  2. Hello, Essaie 'La liste de mes envies' si tu as l'occasion, celui-ci mérite vraiment d'être lu ... Merci d'être venu ma voir :-)

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