Accéder au contenu principal

Je vais bien, ne t'en fais pas - Olivier Adam


Un seul être vous manque et tout est dépeuplé


Cela a été un véritable plaisir de croiser le chemin d'Olivier Adam la semaine dernière au salon du livre. L'écrivain de Des vents contraires et Le cœur régulier, deux romans que j'avais pris un grand plaisir à lire, m'a écrit une dédicace touchante à l'image de ses histoires mélancoliques d'hommes et de femmes en butte à leur vie difficile, à leur mal-être intérieur.

Ses personnages ont perdu un proche, le stade la douleur aiguë est passé mais le manque lancinant de l'autre les taraude. Ils font ce qu'ils peuvent pour continuer à vivre. Je vais bien, ne t'en fais pas ne fait pas exception. C'est même son premier roman, il en parle donc pour la première fois et je dirais que ça se voit. C'est une fiction concise, moins approfondie que les deux autres livres déjà énoncés. Des chapitres courts, des phrases de même, directes, presque sèches, sans fioritures pour raconter l'histoire de Claire, 20 ans, qui s'efforce de vivre malgré l'absence de son frère qui représentait le centre de sa vie affective. Elle reçoit de lui des cartes postales qui lui donne l'espoir de le revoir un jour. Elle voudra partir à sa recherche.

C'est un premier roman court, presque solennel, mais abouti. Le portrait d'une jeune femme triste, amputée à vie. A sa manière, elle survit. Un travail déprimant, des hommes écœurants, des parents pudiques, des banlieues moroses, des bords de mer mélancoliques. Tout ça n'est pas joyeux, mais c'est beau. C'est du Olivier Adam.

Pocket - page 135

Quand le regard de Julien croise le sien, elle lui fait un petit sourire. Un sourire de rien. Très léger dans le matin nauséeux. Mais quand même, c'est déjà ça de pris. Ce signe de reconnaissance. Entre paumés du petit matin, sortis du rôle emprunté de la caissière aimable et du client timide. Elle pose sans bruit des pièces argentées près du cendrier vert bouteille et se lève. Julien reste un peu. Il la suit du regard se faufilant entre les tables, frôlant les gros et les vieux accoudés au comptoir. Elle s'en va regagne sa caisse, un peu plus haut sur le même trottoir. Il est bientôt neuf heures. Julien a encore un peu de temps. C'est comme ça. On commence plus tôt à Shopi que dans la culture. C'est au moins un des avantages du métier. Ça et avoir l'air intelligent.

 

Commentaires