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Je n'étais qu'un fou - Thierry Cohen


Serial writer


En découvrant la dernière partie de ce roman, le premier de Thierry Cohen que je lisais, je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir de la déception. Non pas à cause de ses qualités intrinsèques car il est indéniablement  divertissant, mais uniquement à cause de mes attentes qui n'ont pas été complètement satisfaites. Le bouquin a atterri dans ma PAL grâce à sa quatrième de couverture, très bien rédigée, qui a su me séduire avec ses sous-entendus. Et, je dois dire, la première moitié du texte a tenu les promesses qu'elle m'avait faites. J'ai eu entre les mains un roman aux bons ressorts psychologiques, un peu comme avec ce bon vieux Douglas Kennedy qui sait analyser les arcanes d'un microcosme et les contradictions de son héros. 

Samuel, auteur de bestsellers, est malheureux comme la pierre car il a raté sa vie privée et vendu son âme à l'industrie littéraire. Il noie son mal-être dans la fête, l'alcool et les filles faciles. Des évènements étranges et inexpliqués vont commencer à se produire. Est-il manipulé ou fou ? L'histoire va-t-elle basculer dans le fantastique ?

Malheureusement, après un début en fanfare,  "Je n'étais qu'un fou"(titre également prometteur) se transforme au bout d'un moment en thriller classique, version lecture de plage. Avec meurtre et enquête policière. C'est moins mon truc. Malgré tout, j'ai passé un bon moment de lecture car Thierry Cohen écrit bien, bien mieux en tout cas que Marc Levy ou Guillaume Musso (ça n'engage que moi). Le point de vue est plutôt fin, l'intrigue dans le business du livre est plaisante et le portrait de l'écrivain qui se fourvoie et perd les pédales est bien vu. Dommage que le roman se termine un peu à la Mary Higgins Clark (Je n'aurais jamais cité autant d'auteurs dans un billet).
 

J'ai lu - page 94


Écrire est une lutte contre une solitude que l'on sait ne jamais pouvoir rompre. Une tentative désespérée d'insuffler à chaque phrase un peu de cette vitalité qui anime encore nos espoirs et de combler le vide intérieur dans lequel résonne notre douleur. C'est pourquoi j'ai toujours eu de l'affection pour les écrivains. Je sais que derrière leurs sourires, la sociabilité forcée que leur impose le jeu médiatique, et malgré l'amour des lecteurs, ils restent seuls. Chaque roman est un aveu impudique de leur difficulté à vivre et les laisse un peu embarrassés de s'être mis à nu... pour rien. Les écrivains ont assez d'imagination et de folie pour jeter des mots contre les murs qui les enferment avec l'espoir de les briser. Mais je les aime aussi d'avoir essayé, d'avoir vécu l'excitante expérience de cette hallucination.