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Mirage - Douglas Kennedy



Terre infertile


Pour une fois qu'un titre en français fait mieux que le titre original, il faut le souligner. The heat of bretayal ("la chaleur de la trahison" ou éventuellement "la brûlure de la trahison") est terriblement racoleur alors que Mirage rend hommage à l'histoire que Douglas Kennedy nous conte dans son douzième roman, une histoire de désillusion et de désert.

Robyn croit avoir trouvé l'homme de sa vie en la personne de son mari Paul. Ils partent tous les deux passer un mois de bohème dans la cité maritime d'Essaouira au Maroc. Ils y coulent des jours heureux jusqu'à ce que ...

Voici un pitch, on ne peut plus, classique. Ce n'est pas le meilleur roman de Monsieur Kennedy, dont j'ai lu toutes les fictions, mais sa recette habituelle fait tout de même mouche sur Mirage. Il a le talent de mettre beaucoup de vérité dans des personnages que le destin malmène et qui, au bout du compte, tirent leur épingle du jeu des complications traversées, mais aussi une leçon de vie. l'auteur est très fort pour divertir intelligemment ses lecteurs avec des romans entre thriller psychologique, roman à suspense et romance. En tout cas, pas d'intrigue policière ni serial killer en cavale, il préfère mettre l'accent sur les questionnements de ses héros, leur place dans la société, leur poursuite du bonheur ...

Dans Mirage, il fait un peu une analyse sociologique du Maroc contemporain, pays fascinant pour une Américaine qui n'a jamais quitté sa patrie. Il relate ses beautés, mystères et limites et réalise une intéressante galerie de personnages, bien différents les uns des autres, qui vont croiser la route de Robyn ... pour le meilleur et pour le pire. Une lecture très agréable. As usual.

 

Belfond - pages 112 et 113

J'ai pris l'habitude de me promener sur la plage les fins d'après-midi, lorsque je n'avais pas cours avec Soraya, après la sieste. Pendant que Paul, qui emportait une chaise et un chevalet pliants, s'attelait à ses études d'Essaouira vue du rivage atlantique, je partais loin, laissant derrière moi les familles et les touristes regroupés dans la zone bordant la ville nouvelle, les femmes à la tête couverte levant un peu leurs djellabas pour se risquer dans l'eau jusqu'aux mollets, les chameliers marchandant un tour d'une demi-heure sur le dos de leurs bêtes aux regards hantés. Deux kilomètres plus au sud, j'étais seule face à l'immense ruban de sable et à l'océan reflétant le soleil d'été dans sa descente. Moi qui avais toujours rêvé de vivre sur une plage perdue, loin des bruits du monde, bercée nuit et jour par le va-et-vient hypnotique des vagues, le plus sûr remède contre le stress, le doute et l'anxiété qui ne nous quittent vraiment jamais. Nous sommes un peu comme des Bédouins sur ce plan : où que nous allions, nous charrions notre passé avec nous. Mais sur cette plage paisible, il paraissait tout à fait possible de se dépouiller pour de bon de ce lourd fatras.

Commentaires

  1. Salut Marco, juste un ptit coucou en esperant que tout va bien pour toi, à bientot :)

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