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Articles

Affichage des articles du 2016

Le Paris d'Haussmann - Patrice de Moncan

Paris gagné, Paris perdu Quelques années après avoir lu la biographie du baron Haussmann  de Michel Carmona, j'ai pris beaucoup de plaisir à parcourir ce bel ouvrage consacré au grand chamboulement urbanistique que connut Paris entre 1853 et les années 1870, c'est à dire au cours du Second Empire et encore un peu après au début de la Troisième République malgré l'abdication de Napoléon III, le grand ordonnateur de ces travaux. Alors que le livre de Carmona mettait bien sûr l'accent sur la vie bien remplie et l'oeuvre conséquente du préfet de la Seine, celui de Patrice de Moncan se focalise uniquement sur la transformation de Paris à proprement parler avec photos, gravures et croquis à l'appui. Et le point fort de  Paris sous Haussmann , qui a le format d'un épais fascicule illustré, est qu'il est structuré en chapitres bien délimités exposant les différents étapes et angles des travaux qui modifièrent énormément la physionomie de la capitale fran

Le jour où j'ai appris à vivre - Laurent Gounelle

Le jour où je me suis vu mourir Plus je progressais dans Le jour où j'ai appris à vivre , plus la déception me gagnait. Avant de l'entamer, je m'attendais naïvement à un roman ressemblant davantage à Les dieux voyagent toujours incognito , le très réussi deuxième roman de Laurent Gounelle, plutôt qu'à son tout premier, L'homme qu voulait être heureux , un roman initiatique, qu'au demeurant j'ai su apprécier à l'époque, mais dont l'intrigue assez indigente n'était que le prétexte à placer quelques pistes d'amélioration de la connaissance de soi. Ici, rebelote, le roman est une accumulation de recettes offertes au lecteur pour l'encourager à atteindre le bonheur avant de passer l'arme à gauche. Le héros Jonathan, jeune américain sympathique (oui, pourquoi ne pas se faire plaisir en plaçant l'intrigue en Californie ?), croise le chemin d'une diseuse de bonne aventure qui lui annonce que son temps est compté. Ce sera, vou

Riquet à la houppe - Amélie Nothomb

C'est quoi ce troll ? Amélie Nothomb se lit vite et bien. Sauf erreur de ma part, y compris Riquet à la houppe , j'ai lu 21 de ses 25 romans. Ceux sur lesquels j'ai fait l'impasse sont ses derniers car, malgré un indéniable talent d'écriture, j'étais arrivé à saturation de sa courte littérature aux scénarios bien trop embryonnaires. Riquet à la houppe , lui, m'est accidentellement tombé dans les mains et je n'ai pas résisté : je l'ai lu vite et bien. Est-ce que mes sensations ont récupéré une certaine virginité après quelques années d'abstinence ou s'agit-il simplement d'un bon cru ? Le style Nothomb est toujours un véritable petit régal. Quelques pages au début du roman sont particulièrement brillantes : la pensée narrative y est confiée au nourrisson Déodat qui, du haut de son couffin, constate et analyse finement ce qui l'entoure avec une construction bien au-dessus de son âge. Page après page, on ne peut que se laisser su

On ne voyait que le bonheur - Grégoire Delacourt

Et combien coûte-t-il ? Le roman commençait plutôt mal. Je décrochais dès les premières pages et ai été à deux doigts de le refermer, de le ranger dans ma bibliothèque. Pourquoi ? L'écrivain était en train de me faire le coup du héros en plein marasme psychologique à cause d'une vie de famille au bord du naufrage et d'un travail incapable de le combler et de donner un sens à sa vie. Après une enfance jalonnée de malheurs (deuil d'une soeur, abandon d'une mère et démission tacite d'un père), il découvre avec délectation l'amour fou. Un mariage et deux enfants plus tard, tout fout le camp à nouveau. Habituellement, c'est le type de scénario qui ne me fait aucunement peur, surtout s'il sonne juste, peu importe qu'il soit déprimant. Mais cette fois-ci, j'ai ressenti la désagréable sensation de lire l'histoire de ce gars pour la millième fois. L'idée de l'auteur de chiffrer tout et rien, le coût de chaque être humain, celui pe

La Fayette - Gonzague Saint Bris

   Une aura intacte Gilbert du Motier de La Fayette fait partie de ces personnages dont on connaît parfaitement le nom mais dont le rôle dans l'Histoire de France nous apparaît souvent flou . A la lecture de cette biogr aphi e, domine chez moi le sentiment que, t oute sa vie durant, à vingt ans comme à soixante-dix, il a souvent tenu un rôle important sans avoir jamais véritablement décroché le premier. La nature de son caractère et l ' objet de s a quête en sont certainement la cause. Idéaliste et aventureux, il ne possède pas l'ambition de ses contemporains les plus connus qui, eux, as piraient au pouvoir ou à une quelconque position sociale . Lui éta it m û par-dessus tout par les causes justes, tels la liberté et le respect des droits de tous les individus d'une nation. Il s'est battu à sa manièr e dans l'espoir de faire passer la France en douceur, par le compromis,  de la monarchie absolue à la démocratie, ses origin es aristocratiqu

La conquête de Plassans - Émile Zola

     Querelles de voisinage Le numéro quatre des "Rougon-Macquart" fait probablement partie des épisodes les moins connus de la série des vingt romans d'Émile Zola. Après deux romans parisiens, le lecteur est de retour à Plassans, en Provence, pour y retrouver les personnages devenus secondaires de Pierre Rougon (surtout à travers sa femme Félicité) et d'Antoine Macquart, les deux frères protagonistes de La fortune des Rougon . Ici, l'attention est déportée sur François Mouret (fils d'Ursule Macquart) et son épouse Marthe, née Rougon, couple de paisibles bourgeois de la ville qui sont amenés à louer une chambre à l'abbé Faujas, prêtre ambitieux à la solde de l'Empire, arrivé tout fraichement de Besançon avec sa mère sous le bras. Cet épisode plus discret et moins ambitieux sur la forme, en témoigne l'absence des descriptions sur des pages entières des trois premiers tomes (surtout en comparaison avec Le ventre de Paris ), soulève p

Maman a tort - Michel Bussi

L'ogresse et le petit poucet J'avais envie de lire un roman de Michel Bussi, cet auteur français qui semble cartonner dans les librairies ces derniers temps. A supposer que ses autres livres soient à l'image de celui-ci, il n'est pas surprenant qu'ils plaisent car  Maman a tort est un polar/thriller grand public, sans violence ni noirceur inutile, qui déroule une intrigue à énigmes non dénouée de réflexion, de profondeur et de bons sentiments. Malone, à presque quatre ans, éveille l'attention d'un psychologue scolaire. Il réclame sa maman disparue qui ne serait pas celle qui l'élève actuellement. La commandante de police du Havre est prévenue mais n'a guère le temps de s'occuper de ce cas douteux puisqu'elle travaille activement sur le cas d'un braquage à Deauville. S'ensuit une double enquête pour cette femme attachante, aux airs bourrus de chef de police, qui va aller de surprise en surprise ... Il m'a été très

Demain est un autre jour - Lori Nelson Spielman

La liste d'une vie A 34 ans, Brett a en apparence tout pour être heureuse : une jolie silhouette, un boy-friend canon, des amies intimes et un job à responsabilité dans l’entreprise familiale. Lorsque sa mère Elizabeth décède rapidement, quelques mois après le diagnostic de son cancer, elle perd sa meilleure alliée mais aussi un héritage qu’elle croyait acquis. En effet, Elizabeth a laissé un testament dans lequel elle demande à sa fille de réaliser ses rêves d’adolescente, des souhaits qui ne sont évidemment plus à l’ordre du jour. Pour Brett, se profile un changement de vie radical … pour le pire au début, et comme vous pouvez l’imaginer, bientôt pour le meilleur. Le temps des vacances, je me suis laissé tenter par cette « comédie romantico-initiatique », ce « Bridget Jones drôle et ultra-positif ». Une littérature que je qualifierais de féminine mais que, bon client finalement, j’ai ingurgitée en trois jours, ce qui est rapide, croyez-moi. L’idée de départ est amu

Je m'appelle Asher Lev - Chaïm Potok

  Une lubie de goy Je m’appelle Asher Lev , ou le parcours d’un garçon de la communauté juive hassidique de Brooklyn qui reçoit du Ribbono Shel Olom, autrement dit Dieu, le don précieux de savoir dessiner avec facilité et inspiration. Malheureusement l’art et la religion lorsqu’ils sont exercés sans concession, sont incompatibles. Petit, Asher n’a pas réellement conscience de son talent subversif, et ensuite quand il grandit, celui-ci s’impose à lui sans qu’il ne puisse rien faire d'autre que de s'y adonner sans limite. Le jeune artiste sera au bout du compte soutenu, et parfois même encouragé, par son entourage, son père excepté. Cet aspect de l’histoire m’a indéniablement séduit car quand l'amour et/ou la bienveillance sont présents, tout devient possible. En tout cas jusqu’à un certain point ... A contrario, Asher Lev paraît finalement davantage subir son chemin que de le choisir. Ce sont les autres, les religieux et les artistes, qui décideront en tout pour lu

Zola, la vérité en marche - Henri Mitterand

Sans peur et sans reproche A défaut de ne pas avoir encore trouvé de biographie à mon goût, j'ai fait l'acquisition de ce volume de l'excellente collection "Découvertes Gallimard". Elle fourmille toujours d'informations, de documents et d'images qui permettent, mieux que les simples biographies, de visualiser plus facilement les documents d'époque de toutes sortes (manuscrits, articles, photographies ...). Je tenais à en savoir plus sur le grand écrivain naturaliste français, auteur de la saga des Rougon-Macquart et de Thérèse Raquin, entre autres. Après une vie riche et exemplaire, ce maître de la prose et de la narration est décédé d'une mort soudaine et suspecte (asphyxie chez lui) en 1902, chose que j'ignorais totalement. Grand observateur et analyste de son époque et de l'âme humaine, républicain engagé mais gardien attentif de son libre arbitre, défenseur des oubliés de la société inégalitaire de la fin du 19ème siècle (c.

Un bonheur parfait - James Salter

Le mieux est l'ennemi du bien Ce roman est un très bel objet impressionniste. Par petites touches mélancoliques, y sont projetés quelques instantanés de la paisible vie conjugale de Nedra et Viri, un couple en apparence parfait en tout point, mais pas véritablement heureux. A tort ou à raison, chacun d'eux se sent empêtré dans le confort de l'ennui et dans la vanité du confort, avec à leurs côtés leurs deux petites filles modèles et leurs quelques couples d'amis, ceux qui viennent régulièrement, sur la terrasse donnant sur le fleuve, boire du vin français dans de grands verres ... Nedra et Viri ont secrètement d'autres aspirations et ils finiront par retrouver leur liberté. Seront-ils plus heureux pour autant ? Je suis très sensible à l'écriture habitée de James Salter. L'écrivain américain sait déverser de courtes phrases saturées de sensations sans s'investir particulièrement dans un scénario à rebondissements. Ainsi, il est agréable, mais

Divergente : tome 3 - Veronica Roth

Sortir dans le monde A la fin du tome 2, un message venant du dehors parvenait aux habitants de Chicago. Là-bas, quelque chose de plus grand qu'eux les attend. Tris et Tobias n'y réfléchissent pas à deux fois : ils partent défricher ce qui est pour eux une terra incognita. D'autant plus, qu'il ne fait plus bon vivre à l'intérieur des murs depuis que les sans-factions gouvernent la ville ... Après le ventre (très) mou de Divergente 2, j'ai repris du plaisir à suivre les aventures de nos deux divergents amoureux. D'un court chapitre à l'autre, le point de vue narratif alterne dorénavant et quasi systématiquement entre Tris et Tobias. L'idée d'avoir accès à la vision masculine du couple apporte de bonnes vibrations au récit, est profitable à un certain éclaircissement sur la psychologie des personnages et prépare habilement une fin surprenante, toute proportion gardée. Un sympathique et vif dernier tome qui apporte enfin quelques vrai

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier - Patrick Modiano

Travail de mémoire Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier , le dernier roman en date de Patrick Modiano, possède un avantage indéniable sur Le café de la jeunesse perdue , lu (ici) il y a quelques années : il est constitué d'une intrigue qui est distillée dès les premiers pages de ce court roman. Un inconnu contacte Jean, le narrateur et protagoniste central, pour lui rendre un répertoire de contacts perdu dans une gare. Pour une raison qui lui échappe, l'homme lui pose des questions de façon insistante à propos d'un certain passé en partie oublié de Jean. Il y a longtemps lorsqu'il était enfant, il avait vécu une année entière avec une femme qui n'était pas sa mère. Mais alors qui était-elle ? Je suis totalement amateur de l'écriture mélancolique d'un Philippe Besson ou d'un Olivier Adam, alors je ne peux qu'adhérer au style de Patrick Modiano. Chaque ligne a un très fort pouvoir d'évocation qui embarque le lecteur dans une

Dix petits nègres - Agatha Christie

  Et il n'en resta plus aucun Pour avoir fait le compte à l'époque, j'ai lu à l'adolescence une quarantaine des soixante-six romans d'Agatha Christie. Dix petits nègres est de ceux qu'on n'oublie pas facilement car il possède une intrigue qui le distingue parfaitement du reste de la bibliographie de la romancière britannique. Dans celui-ci, il n'y a pas d'enquête policière à proprement parler ou s'il y a une enquête, elle est menée par nécessité et dans l'urgence par les victimes elles-mêmes. En effet, aucun de dix invités de cette île située au large de la côte anglaise ne va survivre au méthodique carnage, réfléchi sur le modèle d'une comptine et perpétré par un mystérieux hôte, à la fois juge et bourreau. Un véritable exercice de style aussi bien pour l'assassin que pour l'auteur. Comme justement, cela faisait une éternité que je n'avais pas lu Agatha Christie, j'avais oublié à quel point son écriture

La curée - Émile Zola

Or et gravats On avait laissé Aristide Rougon, personnage secondaire de La fortune des Rougon , dans la petite ville provençale de Plassans tandis que son père achevait d'y faire son trou au moment de la prise de pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte. Dans La curée , Napoléon III est bien assis sur son trône et a arrêté la décision de remodeler sa capitale au travers des grands travaux dits haussmanniens. Aristide, renommé Saccard, débarque à Paris et grâce à l'appui de son frère ministre va participer à la "curée", c'est à dire au dépeçage de la ville mené par des spéculateurs sans scrupule qui achètent des terrains à bâtir avant même que les propriétaires et locataires en place ne sachent qu'ils seront frappés par l'expropriation et donc condamnés à voir les constructions existantes complètement rasées. Parallèlement à cette intrigue politico-financière, Émile Zola dresse un portrait édifiant de la haute société de l'époque qui vit souvent a

De là, on voit la mer - Philippe Besson

Calme et volupté Philippe Besson est mon auteur fétiche du moment, il en faut un. J'ai lu son magnifique Une bonne raison de se tuer et le mois dernier au salon du livre, j'ai eu la chance de pouvoir échanger quelques mots avec lui à propos de ce livre qui lui tient apparemment à cœur. Ces jours derniers, je me suis plutôt régalé avec De là, on voit la mer , un roman au titre poétique et vendeur. L'héroïne, une écrivaine quadragénaire, se retire dans une villa de Toscane avec vue sur la mer pour écrire comme elle sait le faire, c'est à dire sans interférences, notamment celle de son époux, amoureux délaissé et resté à Paris. Dans ce lieu retraite, elle croisera malgré tout la route d'un jeune Italien de 20 ans qui deviendra son amant. Un roman sur le désir. Celui irrésistible qui bouleverse une trajectoire toute tracée et peut ouvrir le tout nouveau chapitre d'une vie. D'aucuns trouveront que Philippe Besson s'écoute écrire et c'est vr

Le charme discret de l'intestin - Giulia Enders

Caca bouquin Tout le monde en parle, tout le monde le lit. Je m'y suis mis aussi. Le charme discret de l'intestin est un bouquin intéressant parce qu'il parle anatomie, médecine et santé avec des mots parlants et bien choisis qui rendent les choses claires à tout un chacun (ou en tout cas, pour certains chapitres, pas totalement opaques). Et surtout car tout le monde s'intéresse à ses entrailles et en premier lieu à son caca. Tu as une tendance à la constipation ? Voyons pourquoi ça t'arrive à toi et comment tu peux y remédier en prenant soin, notamment, de ce que tu ingurgites. On révise ses vieux cours de "sciences nat" du collège à propos de la digestion et on apprend tout un tas d'autres choses sur les milliards d'habitants de notre intestin (surtout le gros, si j'ai bien compris), les bactéries en tête. Giulia Enders (secondée par sa sœur Jill et ses inutiles illustrations enfantines) donne plein de tuyaux pour bien se nourrir,

Divergente : tome 2 - Veronica Roth

Sortir du ghetto Dans le premier tome des aventures de Beatrice Prior, le lecteur mettait la main sur une héroïne débutante à la fois forte et fragile, une société recréée de toute pièce après une quelconque catastrophe humanitaire et une nouvelle lutte à mener contre l'oppression. Rien d'excessivement original là-dedans bien sûr mis à part peut-être l'existence des cinq factions et donc de la divergence, mais l'intrigue se mettait en place et c'était plutôt divertissant. Après ce décollage excitant, le deuxième tome est un morne plateau qui traîne en longueur et n'annonce seulement qu'à sa toute fin un atterrissage que l'on espère de qualité. C'est comme si la jeune auteure connaissait le début et la fin de son histoire et qu'entre les deux il avait fallu qu'elle meuble comme elle avait pu. La bande de garçons et de filles qui gravitent autour de Tris courent à droite et à gauche, se causent, ne se causent plus. L'action av

L'Univers expliqué à mes petits-enfants - Hubert Reeves

Papy, dessine-moi le ciel  Reportages au journal télévisé, expositions temporaires au Palais de la Découverte, conversations entre collègues ... J'en avais assez de ne capter que des bribes d'informations éparses sur l'astronomie. Il était temps que je me cultive un minimum au sujet du gigantesque Espace dans lequel notre planète n'occupe qu'une place infinitésimale. En découvrant L'Univers expliqué à mes petits-enfants dans la grande librairie que je fréquente, je me suis dis que c'était parfait pour entamer cette audacieuse quête sans être rapidement dégouté par la complexité du propos. Les ouvrages plus détaillés seront pour plus tard. Sous la forme d'un entretien avec sa petite-fille de quatorze ans, à l'extérieur en pleine nuit sous les étoiles, Hubert Reeves parvient à écrire un livre limpide comme de l'eau de source. En quelques phrases bien pesées, il rend compréhensible à tout un chacun un certain nombre de notions familière

La puissance des vaincus - Wally Lamb

Double trouble Début des années 90, Thomas et Dominick sont jumeaux. Le premier, schizophrène, vient de se sectionner une main en public pour protester contre l'opération "Tempête du désert" et se retrouve au centre de l'attention des médias. Il n'est pas aisé pour le second de garder la tête hors de l'eau car il doit gérer la situation et assurer pour deux. Comme toujours. Les sentiments de Dominick envers Thomas oscillent constamment entre amour-fusion et rejet-honte. Frère malade, père inconnu, beau-père abusif, mariage raté, enfant disparu, petite amie difficile à suivre ... La puissance des vaincus ou l'apprentissage du bonheur quand on a les épaules lestées d'un bagage écrasant. C'est un roman "pavé" dont je me suis dit pendant le premier tiers qu'il allait peut-être être long à terminer si, malgré la densité du propos, un certain rythme tardait à s'installer. L'auteur prend en effet le temps de mettre en pla

Neverhome - Laird Hunt

Combat intérieur En pleine guerre de Sécession, Constance est mariée à son cher Bartholomew mais quitte sa ferme de l'Indiana pour se battre aux côtés des soldats de l'Union du nord contre les confédérés du sud. Les femmes ne peuvent pas s'engager, elle se déguise donc en homme pour aller combattre, comme d'autres aussi l'ont fait durant cette période tourmentée de l'Histoire américaine. Pourquoi Constance, alias Galant Ash ? J'avoue n'avoir pas exactement compris. Pour remplacer un époux peu gaillard ? voir du pays ? assouvir ses pulsions viriles ? Il y a peut-être eu quelques éclaircissements à ceux qui ont lu mieux que moi entre les lignes, mais il est vrai que j'ai décroché assez rapidement de ce roman pourtant largement apprécié des lecteurs et de la critique littéraire. Rien à redire sur le style suggestif que j'ai jugé brillant mais le récit est une succession de rencontres et de conversations improbables avec toutes sortes d&