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Divergente : tome 2 - Veronica Roth


Sortir du ghetto


Dans le premier tome des aventures de Beatrice Prior, le lecteur mettait la main sur une héroïne débutante à la fois forte et fragile, une société recréée de toute pièce après une quelconque catastrophe humanitaire et une nouvelle lutte à mener contre l'oppression. Rien d'excessivement original là-dedans bien sûr mis à part peut-être l'existence des cinq factions et donc de la divergence, mais l'intrigue se mettait en place et c'était plutôt divertissant. Après ce décollage excitant, le deuxième tome est un morne plateau qui traîne en longueur et n'annonce seulement qu'à sa toute fin un atterrissage que l'on espère de qualité. C'est comme si la jeune auteure connaissait le début et la fin de son histoire et qu'entre les deux il avait fallu qu'elle meuble comme elle avait pu.

La bande de garçons et de filles qui gravitent autour de Tris courent à droite et à gauche, se causent, ne se causent plus. L'action avance, puis recule, mettant la jeune fille dans des situations peu crédibles au milieu desquelles Tobias, son "audacieux" boyfriend taciturne, finit toujours par apparaître. Les complications de leur liaison plutôt orageuse pourraient apporter un peu de profondeur au roman mais au bout du compte, elles laissent une impression d'immaturité. Certes, le public cible a seize ans à l'instar de ses héros, mais ces derniers ne traversent-ils pas de périlleuses épreuves qui sont, Dieu merci, épargnées à la plupart d'entre nous ?

Bref, je me suis ennuyé. Voyons ce que va donner le troisième opus de la trilogie de Veronica Roth, qui n'a pas besoin de mon aval pour cartonner.
      

Nathan - page 380

- Alors c'est ici que tu as grandi, me dit-elle. Tu t'y plaisais ?
Elle fait une pause, fronce les sourcils et reprend :
- J'imagine que non ou tu ne serais pas partie.
Le soleil plonge vers l'horizon. Autrefois, je n'aimais pas la lumière du soir, parce qu'elle rendait le secteur Altruiste encore plus monochrome. Alors qu'aujourd'hui, je trouve ce gris uniforme plutôt rassurant.
- Il y avait des aspects que j'aimais bien et d'autres que je détestais, dis-je. Il y a aussi des choses dont je n'ai compris la valeur qu'après les avoir perdues.