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Maman a tort - Michel Bussi



L'ogresse et le petit poucet


J'avais envie de lire un roman de Michel Bussi, cet auteur français qui semble cartonner dans les librairies ces derniers temps. A supposer que ses autres livres soient à l'image de celui-ci, il n'est pas surprenant qu'ils plaisent car Maman a tort est un polar/thriller grand public, sans violence ni noirceur inutile, qui déroule une intrigue à énigmes non dénouée de réflexion, de profondeur et de bons sentiments.

Malone, à presque quatre ans, éveille l'attention d'un psychologue scolaire. Il réclame sa maman disparue qui ne serait pas celle qui l'élève actuellement. La commandante de police du Havre est prévenue mais n'a guère le temps de s'occuper de ce cas douteux puisqu'elle travaille activement sur le cas d'un braquage à Deauville. S'ensuit une double enquête pour cette femme attachante, aux airs bourrus de chef de police, qui va aller de surprise en surprise ...

Il m'a été très agréable d'entrer dans cette histoire, de découvrir la psychologie des personnages en présence et d'apprendre des choses intéressantes sur la mémoire des enfants en dessous d'un certain âge. J'ai tout particulièrement apprécié entrer dans la tête du petit Malone dont on dispose du point de vue dans de nombreux courts passages rédigés avec simplicité et subtilité  (voir extrait ci-après). On pénètre dans sa vision "conte de fées" du monde, lorsqu'il  croit sans y croire, avec une candeur enfantine, que son doudou est vivant, qu'il y a des châteaux, des fusées, des chevaliers, des ogres autour de lui ...

C'est pourquoi j'ai peut-être préféré la première moitié du roman quand l'écrivain nous plonge davantage dans les mystères de l'enfance et les considérations psychologiques liées à la maternité par exemple, plutôt que sur le polar lui-même et les courses poursuites de la fin. Pour autant, le scénario de Maman a tort est cohérent et bien ficelé, il ne manque pas de bonnes idées et ne bascule jamais dans le mélodrame. Le ton est plutôt juste, touchant, avec quelques touches d'humour et l'ensemble est divertissant. Je relirai très probablement du Michel Bussi.

Pocket - page 421

Malone était pressé que la mer s'en aille. Il se souvenait de ça aussi. Des fois, la mer partait loin, plus loin que les cailloux ronds, et elle laissait du sable derrière elle. Malone construisait des châteaux avec maman, des grands châteaux de sable qui restaient longtemps debout quand la mer revenait.
C'était ici, il en était sûr, même si tout était caché sous la mer. Peut-être que quand elle partirait, la mer, sa maman reviendrait jouer avec lui.
Le cri terrible le fit sursauter. Celui de l'ogre. Immédiatement, il serra sa capuche contre ses deux oreilles et juste après enfonça ses deux doigts dans celles de Gouti pour qu'il n'entende pas non plus.