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Le secret du mari - Liane Moriarty



Un mal pour un bien

 
Un écrivain femme anglo-saxon, un titre simple et évocateur, un pitch accrocheur ... Cela m'a suffi pour tenter l'aventure de ce roman. Pourtant, au bout de quelques pages, j'ai failli regretté mon choix. Je me plongeais en effet dans une histoire plutôt éloignée de mon inclination naturelle pour les romans "sérieux" même (voire surtout) s'ils abordent des sujets de la vie quotidienne ou des histoires de couple. J'ai soudain craint lire un récit léger et romantique dans le style de Demain est un autre jour que j'ai lu, avec plaisir pourtant, l'été dernier. J'ai évidemment persisté car ces romans ont toujours de toute façon un côté plaisant et addictif qui ne se refuse pas. Au bout du compte, le livre refermé après les derniers mots, je me suis fait la réflexion suivante : Liane Moriarty réussit l'exploit dans son roman  à allier la légèreté évoquée à des enjeux moins frivoles, plus psychologiques, voire dramatiques, le scénario frôlant parfois le thriller sans jamais en prendre la voie. Le secret du mari est efficace, fluide, vivant et émouvant ; il réunit les recettes habituelles du best-seller à l'anglo-saxonne à la croisée de plusieurs genres.

Un secret contenu dans une lettre écrite il y a longtemps par son mari va bouleverser la vie de Cecilia et potentiellement celle de deux autres femmes australiennes dont on ne comprend pas de prime abord le rapport avec elle. Celui-ci apparaîtra pourtant petit à petit même s'il restera plutôt ténu pour l'une d'elle, dont la présence dans la trame s'explique clairement par le besoin pour l'écrivaine d'étoffer son intrigue principale en créant une histoire dans l'histoire. Rassurez-vous, ce secret, aussi bouleversant soit-il, sera mis à jour pour le pire et pour le meilleur, les deux ne faisant parfois qu'un.  Ne dit-on pas "C'est un mal pour un bien" ?

Le Livre de Poche - page 148

Il avait pleuré sous la douche.
Il ne la désirait plus.
Il lui cachait quelque chose.
Une situation pour le moins bizarre et inquiétante qui suscita en elle une certaine satisfaction, voire une impatience grandissante.
Elle serra le frein à main et défit sa ceinture.
"Allons-y", dit-elle à Esther, consciente du plaisir inapproprié qui l'envahissait peu  à peu. Elle venait de prendre une décision. Quelque chose ne tournait pas rond. Elle avait une obligation morale d'agir de manière immorale. Entre deux maux, mieux vaut choisir le moindre, n'est-ce pas ? Si. C'était tout à fait justifié.
Une fois les filles au lit, elle ferait ce qu'elle brûlait de faire depuis le début. Elle ouvrirait cette satanée lettre.