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"Arrête avec tes mensonges" - Philippe Besson


Barbezieux, 1984


Le dernier ouvrage en date de Philippe Besson est officiellement estampillé roman mais ressemble pourtant davantage à un récit autobiographique des prémices amoureux, sensuels et sexuels de l'écrivain lui-même. A moins que sous couvert de vouloir nous raconter pour une fois la vérité (comme il le confie sur la quatrième de couverture), l'inattendu titre de "Arrête avec tes mensonges" ne nous avertisse tout simplement d'une supercherie. Pourtant elle serait bien grosse, la supercherie. Je préfère voter pour une vérité sans concession sur le fond mais probablement idéalisée, glamourisée pour les besoins de l'édition et pour l'image de l'auteur. Seul lui le sait.

Il est presque indispensable de lire quelques uns des inspirants romans précédents de Monsieur Besson avant de se plonger dans ses émois d'adolescent et sa stupeur d'adulte dont il parle si bien ici. En ayant pleinement capturé l'essence de son travail, on ne peut que se laisser cueillir par l'ingénuité de son premier amour. J'ai lu l'ouvrage la gorge serrée, saisi à chaque page par l'émotion provenant de la beauté des circonstances, la justesse des mots, les références d'une époque et le souvenir de mon propre chemin tracé à ma façon.
    

Julliard - page 57

Je découvre la morsure de l'attente. Parce qu'il y a ce refus de s'avouer vaincu, de croire que c'est sans lendemain, que ça ne se reproduira pas. Je me persuade qu'il accomplira un geste dans ma direction, que c'est impossible autrement, que la mémoire des corps emmêlés vaincra sa résistance. Je me dis que ce n'était pas seulement une histoire de corps, mais de nécessité. Qu'on ne lutte pas contre la nécessité. Ou, si on lutte, elle finit par avoir raison de vous.




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