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Les délices de Tokyo - Durian Sukegawa


Le langage du haricot


Début 2016, sortait sur les écrans français Les délices de Tokyo (titre original あんou An, littéralement "pâte de haricot Azuki"), un film que j'ai loupé malgré mon envie de le voir. Mais je viens en partie de me rattraper ces jours derniers en lisant le roman de l'écrivain japonais Durian Sukegawa (ドリアン・スケガワ) dont le long métrage est adapté. Comme je l'espérais, cette jolie histoire pleine d'humanité s'avale facilement avec plaisir et émotion.

Sentarô travaille courageusement chaque jour pour produire et vendre des dorayaki dans un kiosque de quartier, près d'un cerisier qui rythme les saisons. Ne disposant pas d'un savoir-faire suffisant pour confectionner correctement la pâte de haricot Azuki qu'il doit étaler entre deux pancakes, il s'en fait discrètement livrer de l'industrielle. Lorsque Tokue, une vieille femme au doigts tordus vient lui proposer son aide, il commence par refuser avant de goûter sa pâtisserie et de réaliser que ce serait peut-être une bonne idée de l'embaucher. Mais les bonnes idées ne sont pas forcément les plus faciles à mettre en place ...

Les délices de Tokyo est une fable touchante sur la quête du sens, la valeur du travail, la transmission, l'authenticité, l'humilité, le regard des autres, etc ... Tout un programme qui a l'immense avantage pour le lecteur français de mettre en scène le Japon moderne, entre douceur, pudeur et élégance. J'ai particulièrement apprécié la suavité, qui est une forme de sensualité, du passage sur la préparation de la pâte d'haricot (voir passage ci-après).
   

Le Livre de Poche - pages 33 et 34


A chacune de ces étapes, Tokue approchait son visage si près des haricots qu'il baignait dans la vapeur d'eau.
Que regardait-elle donc ? Les haricots azuki subissaient-ils une quelconque transformation ? Sentarô fit lui aussi un pas en avant et examina les haricots disparaissant sous un nuage de vapeur. Mais il ne discerna aucune évolution significative.
La cuillère en bois entre ses mains handicapées, Tokue s'abîmait dans la contemplation. Sentarô observa son profil à la dérobée. Dans la mesure où il travaillait avec elle, allait-il devoir faire preuve de la même ardeur ? Rien que d'y penser, cela le décourageait.
Pourtant, sans savoir pourquoi, Sentarô finit par se laisser fasciner par les haricots dans la bassine en cuivre. Les grains frémissaient dans l'eau de cuisson. Pas un seul n'avait éclaté.


Commentaires

  1. Rebonjour, je n'ai pas encore lu le roman mais le film adapté est une merveille de délicatesse. Bonne après-midi.

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  2. Bonjour Dasola, j'ai le DVD en ma possession. J'ai hâte de le voir !!

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