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Le coeur d'une autre (Tatiana de Rosnay)


Le coeur, le nouveau cerveau ?


Bon an, mal an, je continue mon tour d'horizon des auteurs à succès. A ce titre, Tatiana de Rosnay tient bien sa place depuis une dizaine d'années. Sur le papier, son image de romancière grand public qui fait pleurer dans les chaumières, justifiée ou non, ne m'attirait pas spécialement. j'ai voulu tenter avec peut-être, d'entrée, un mauvais choix de roman.

Bruce Boutard n'a pas seulement son nom comme repoussoir. C'est un ours mal léché qui a beaucoup de mal à communiquer avec qui que ce soit, à part peut-être son fils et son meilleur ami. Lorsque, suite à un diagnostic et une attente pénible, il est greffé d'un nouveau coeur, sa vie va changer du tout au tout. Un transfert d'âme va comme s'effectuer entre le donneur et le receveur. Une seconde vie d'esthète commence-t-elle pour l'ami Bruce ?

L'idée est sympathique et la lecture en soi pas désagréable mais malheureusement la narration abonde de situations clichés et de portraits caricaturaux. Le roman aurait gagné à être davantage subtil ... et  réaliste car, plus que tout, c'est l'implicite dimension fantastique de l'intrigue qui est gênante. Le bouleversement dans une vie qu'implique une greffe d'un organe aussi vital va bien évidemment de soi, mais était-il nécessaire d'invoquer des raisons quasi-surnaturelles pour justifier un tel changement de personnalité ? Peut-être aurait-il été mieux de l'assumer complètement à la manière d'un Musso ou d'un Levy.

Autre drôle d'impression : l'écriture très féminine du roman. L'auteure n'a pas suffisamment su se mettre dans une peau masculine alors même que le narrateur a la chance (quel autre mot ?) de tomber sur un palpitant sensible, puisque féminin et artiste. A plusieurs occasions pendant la lecture, j'ai réajusté ma vision du récit en réalisant soudain que le personnage principal qui livrait ses pensées était en fait un homme.

Comme le dit Tatiana de Rosnay dans le prologue, l'écrivain a tous les droits sur ce qu'il écrit et en l'occurrence, elle se fait plaisir en racontant cette histoire de rédemption malgré soi. Une maladresse de début de carrière ? Peut-être. Pour le savoir, il faudrait lire l'un de ses romans ultérieurs. Ça viendra.

Le Livre de Poche - page 116


Elle claqua la porte, descendit l'escalier d'un martèlement sec. J'eus honte, soudain. Aussi la rattrapai-je dans le hall d'entrée.
 - Pardonne-moi, Joséphine. Tu as été merveilleuse. Et moi, idiot. Je ne sais comment te remercier.
Elle baissa les yeux.
 - Tu m'as fait de la peine, murmura-t-elle.
Allongée nue sur mon lit, quelques instants plus tard, elle me dit d'une voix sérieuse :
 - C'est formidable d'avoir un coeur de femme.
Elle prit ma main, l'appliqua sur son sein gauche.
 - Je suis bien placée pour le savoir, déclara-t-elle.


Commentaires

  1. Il me semble que c'est un des tous premiers livres dont j'ai parlé sur mon blog. Il me reste très peu de cette lecture (faite il y a presque dix ans du coup) mais il me semble que j'avais bien aimé.

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