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La tresse (Laetitia Colombani)


De mèche


En voilà un joli livre. Le premier roman de Laetitia Colombani, avec ses thèmes qui sont loin d'être anodins, dégage paradoxalement un charme gracile qui va droit au coeur. Pour commencer, l'idée de départ est parfaite : réunir trois histoires, trois femmes, trois lieux différents du large monde. Smirta, Giulia et Sarah n'ont a priori aucun rapport entre elles sauf à tisser leur destin chacune de leur côté, ce qui formera à terme, on le devine, une tresse unique à partir de leur propre mèche. Le propos est largement féminin et féministe. Des trois histoires, la plus marquante est bien sûr la jeune femme indienne née dans la caste des Intouchables. Pour elle, davantage que pour les autres, il ne s'agit même pas encore de féminisme, mais bien d'émancipation, de résilience et de courage face aux traditions ancestrales érigées en vérité. Pour les autres, il s'agit de lutter contre le machisme, la maladie ou contre soi-même. Ce n'est pas non plus une mince affaire car il faut oser le combat ou au contraire savoir lâcher prise.

J'ai assez peu intellectualisé la lecture et donc suivi le ressenti des trois jeunes femmes au fur et mesure que leurs histoires se nouaient. Une forme de suspense a surgi de leurs drames et de l'épilogue à venir qui, en ce qui me concerne, n'a en rien été décevant. Le scénario de La tresse n'est pas tiré par les cheveux. La lecture est aisée, charmante et émouvante. Le style peu littéraire dégage une grande simplicité qui fait mouche. Peu de dialogues, mais de l'intériorité. Ce n'est pas du Flaubert, mais chaque mot m'a semblé à sa place, sans prétention et joliment exprimé.

Le Livre de Poche - page 40

 Lorsqu'elle se regardait dans le miroir, Sarah voyait une femme de quarante ans à qui tout avait réussi : elle avait trois beaux enfants, une maison bien tenue dans un quartier huppé, une carrière que beaucoup lui enviaient. Elle était à l'image de ces femmes que l'on voit dans les magazines, souriante et accomplie. Sa blessure ne se voyait pas, elle était invisible, quasi indécelable sous son maquillage parfait et ses tailleurs de grands couturiers.

Pourtant elle était là.

Comme des milliers de femmes à travers le pays, Sarah était coupée en deux. Elle était une bombe prête à exploser.


Commentaires

  1. J'ai beaucoup aimé ce livre. Je crois que ce fut mon premier coup de coeur de l'année.
    Merci pour ta visite chez moi.

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    1. Avec le recul, je regrette presque de l'avoir si bien noté … Mais bon c'est mérité car outre la qualité littéraire, j'ai pris un grand plaisir à le lire.
      Désolé d'avoir mis si longtemps à répondre à ton commentaire, mais mon blog ne m'a pas prévenu. Il faut que je vois ça.
      Sinon, tu dis que je suis venu te rendre visite mais ton nom ne renvoie pas vers ton blog … Bonne soirée.

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  2. J'ai apprécié ce roman également mais je suis un peu restée sur ma fin, j'aurais voulu que l'histoire ne s'arrête pas si vite pour ces trois jeunes femmes.
    Je découvre ton blog par la même occasion, mais comment ai-je pu passer à côté??

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    1. Bonjour Tiphanie, c'est super gentil ce que tu me dis là ;-) Je comprends ta frustration, je l'ai ressentie aussi. En même temps, ça laisse planer un doute pas si désagréable pour rêver pour elle trois d'un bonheur futur ...

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