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Un été (Vincent Almendros)


Love boat


C’est le plan des vacances. Pierre débarque avec sa petite amie à Naples pour passer des vacances sur le voilier de son frère Jean. Est-ce que ces quelques jours le long des côtes italiennes sont une bonne idée ? Il n’en est pas sûr ... le confort est spartiate, les deux frangins n’ont jamais été très intimes et surtout, Jeanne, la compagne de Jean, fait aussi partie du voyage.

Vincent Almendros a indéniablement su installer le climat adéquat pour un huis clos psychologique, version minimaliste et subliminale. Par des phrases courtes sans ornements et des dialogues frugaux et justes, ce roman possède un pouvoir d’évocation qui a fonctionné sur moi. La visualisation des quatre protagonistes à bord de l’exigu voilier m’a été facile. Du point de vue du narrateur, il y règne surtout moiteur, inconfort, gêne et promiscuité. Le lecteur perçoit aussi les gestes simples, les regards bienveillants, les attentions particulières, la fraicheur d’une baignade, l’érotisme contenu, l’ennui latent, les regrets enfouis, les non-dits équivoques, le choc d’une invasion de méduses etc …

Malgré ces qualités non négligeables, j’ai trouvé le roman trop court. L’atmosphère est à peine posée et les sentiments esquissés que c’est déjà terminé. Le dénouement inattendu, quoiqu’un peu convenu, a le mérite de laisser quelques explications. Malheureusement, il est amené avec peu de subtilité à l’aide de quelques phrases bâclées à mon goût. Dommage car ce sont les dernières du livre.

Minuit double – pages 87 et 88

J’avais chaud, l’air était lourd. Qu’allais-je lui dire si elle se retournait, ma présence était inexplicable, inexcusable, je la suivais jalousement et sans amour. Je la vis traverser la place et entrer dans l’église.