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Prince bleu de Montmartre (Michou)

Michou - Prince bleu de Montmartre

Haut en couleur(s)


Lors d'une mémorable soirée de décembre au cabaret Michou, avant d'assister à son célèbre et réjouissant diner-spectacle transformiste, nous avons été accueillis avec chaleur par son équipe et été pris en photo avec le maître des lieux. Il nous a aussi dédicacé son autobiographie, rédigée à la première personne du singulier par François Soustre et Sylvain Dufour à la suite de longs entretiens avec lui en 2017. Le retour sur soi d'une figure des nuits parisiennes m'intéressait pour ce que je pourrais apprendre de celles-ci. En définitive, j'ai surtout découvert un personnage sympathique et attachant dont, on le devine, les défauts sont soigneusement mis sous silence. C'est de bonne guerre.

Avec une saisissante simplicité, Michou revient sur l'histoire de sa famille et nous raconte la sienne de sa plus tendre enfance jusqu'à aujourd'hui. Sans s'épancher plus que ça sur ses nombreux amis du showbiz, il rend largement hommage à ses intimes, souvent déjà disparus, avec beaucoup de pudeur et de reconnaissance. On sent qu'il a été et qu'il est toujours très bien entouré. Cette sécurité affective lui permet d'afficher une grande décontraction et surtout une absence de complexe qui pourrait ressembler à un manque d'humilité mais qui passe très bien car il assume son image excentrique avec un naturel charmant et désarmant, comme le titre de son livre l'atteste. Tout le monde s'accorde à le trouver très accessible. Malgré les grandes lunettes bleues derrière lesquelles il se cache, le public, je pense, reconnaît chez lui les valeurs appréciées par le plus grand nombre : bonhomie, convivialité, générosité et authenticité. Autant qu'on puisse en juger.

Toute sa vie, il a bossé dur tout en s'amusant beaucoup. Sans ambition excessive, il a mené sa barque avec pragmatisme et n'a jamais agrandi son établissement, il ne l'a pas non plus transformé en franchise. Préserver la sincérité de son message et garder sa grande famille autour de lui dans son village de Montmartre, voilà ce qui compte pour Michou. C'est avec un pincement au cœur et une pointe d'admiration qu'on apprend dans les dernières pages de ses mémoires qu'il a pris des dispositions pour que son cabaret ferme définitivement ses portes lorsqu'il tirera sa révérence. Chapeau l'artiste.

Le Cherche Midi - page 127

Sur les tables, devant les miroirs, des pinceaux raffinés, une gamme de pots de fard gras, des tubes ou des sticks de fond de teint, des bâtons de cache-barbe, mille et un fards secs placés dans des boîtiers qui évoqueraient des palettes de peinture à l'eau pour les enfants, poudres libres mates, poudres irisées qu'on dit "de diamant", et les tubes de rouge à lèvres... Tout ce qu'il faut pour transformer de superbes garçons en stars divines et sacrées... Il y a vraiment quelque chose qui procède du rituel dans cet instant de maquillage, l'ordre de la préparation, comment chaque "outil" a sa place et sa fonctionnalité, entrer dans son personnage n'est pas si facile. Au fur et à mesure des couches de grimage apparaît l'autre, ses mimiques bousculent celui qui se cache dessous... Il est aussi dur de s'effacer que de dire adieu à son personnage.