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Couleurs de l'incendie (Pierre Lemaitre)

Couleurs de l'incendie - Pierre Lemaitre

Plus rude sera la chute

Pierre Lemaitre a souhaité transformer son essai après le gros succès critique et commercial de Au revoir là-haut et bien lui en a pris puisque le lecteur que je suis est ravi de connaitre la suite du destin de la famille Péricourt, et en l'occurrence celui de Madeleine, la soeur d'Édouard. Retrouvera-t-on Albert dans le dernier tome de la trilogie Les enfants du désastre que l'écrivain semble vouloir compléter ? Couleurs de l'incendie est un excellent roman que j'ai personnellement aimé, voire peut-être préféré à son prédécesseur, prix Goncourt 2013, mais il frappera sûrement moins les esprits à cause de sa facture beaucoup plus classique.

Sans, encore une fois, atteindre les sommets du champ de bataille de Au revoir là-haut, le roman commence par une scène forte. S'ensuit une descente aux enfers pour Madeleine qui, après avoir perdu son frère et son père, n'est pas au bout de ses peines. Comment va-t-elle surmonter tout ça alors que ses proches courent désespérément après l'argent et le pouvoir, que le krach de 1929 et l'arrivée au pouvoir de Hitler en Allemagne annoncent des temps difficiles ?

Autour de la peinture de la France d'une époque, se développe une intrigue plus personnelle autour de Madeleine, qui prend aussi bien la forme d'une critique sociétale à la Rougon-Macquart qu'une tragi-comédie très théâtrale. Les personnages sont le point fort du roman. Tous, même parmi les plus secondaires et les moins sympathiques, sont brossés avec brio. Le lecteur ressent  de l'attachement ou, à défaut, une forme d'empathie pour Paul, Gustave, Monsieur Dupré, Vladi, Solange, Léonce, Robert, Charles et, dans une moindre mesure, André. Bravo à l'auteur.

Le Livre de Poche - page 9

Si les obsèques de Marcel Péricourt furent perturbées et s'achevèrent même de façon franchement chaotique, du moins commencèrent-elles à l'heure. Dès le début de la matinée, le boulevard de Courcelles était fermé à la circulation. Rassemblée dans la cour, la musique de la garde républicaine bruissait des essais feutrés des instruments, tandis que les automobiles déversaient sur le trottoir ambassadeurs, parlementaires, généraux, délégations étrangères qui se saluaient gravement.

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