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La symphonie du hasard - livre 3 (Douglas Kennedy)

La symphonie du hasard, livre 3 - Douglas Kennedy

On ne choisit pas sa famille

Me voilà arrivé au terme de la trilogie La symphonie du hasard. Le doute n'est plus possible : Douglas Kennedy a voulu réaliser, de la fin des contestataires années soixante jusqu'au milieu des années quatre-vingt et son contre-pied reaganien, une sorte de peinture impressionniste des États-Unis. Il le fait à travers le prisme du clan Burns, famille dysfonctionnelle au possible, chacun de ses membres épousant les époques à sa manière et à son rythme. Comme presque toujours, l'auteur américain en profite pour faire une subtile, mais non moins acérée, critique de l'Amérique et ça lui va bien tant il sait brillamment mêler la petite histoire à la grande Histoire.

Alice Burns est de retour au pays après sa dramatique expérience irlandaise. Elle tente de revivre, se protège du monde, termine ses études, entre dans la vie active, fait des rencontres etc ... Ici, comme pour les deux premiers livres, l'auteur raconte beaucoup de choses, décrit beaucoup de gens, étire en longueur une saga qui pourrait indéniablement être plus ramassée. Je me pose pourtant la question : est-ce que la fresque sociologique serait aussi complète et crédible si le scénario de la trilogie avait tenu à l'intérieur d'un unique tome, même épais ? Rien n'est moins sûr car il ne s'agit pas uniquement de raconter une histoire, il faut aussi poser une ambiance, illustrer un cheminement personnel, familial et national. Pour le faire de façon fluide et vraisemblable, il faut prendre son temps. Mission réussie.

Y a aura-t-il un tome 4 comme le laisse penser le "A suivre ..." de la dernière page ?  Je vote pour.

Pocket - page 333

"Venez, allons dire bonjour à Donald", a lancé Adam.
Tout le monde à New York connaissait Donald Trump. Il représentait à la perfection l'avidité dévorante de notre époque. Promoteur immobilier né dans le Queens, il avait attiré l'attention des médias, en particulier dans la presse à  scandale, grâce à sa politique commerciale implacable, son ostentation, son amour inconditionnel pour le pouvoir, ses combines immobilières parfois louches, et surtout sa manie de se promener partout avec une bimbo à chaque bras, tout en pérorant de sa voix de stentor content de lui.