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Ce qui reste de nos vies (Zeruya Shalev)


Aujourd'hui est le premier jour …

De ce roman, j'aime déjà beaucoup le titre. Ce qui subsiste des ruines de nos vies ou ce qui nous reste à vivre … Il illustre avec ambivalence et élégance l'esprit de cette longue narration intérieure à trois voix. La mère, la fille et le fils ... trois êtres liés par le sang mais que blessures et malentendus ont séparés. Hemda vit ses dernières heures, elle ressasse la rudesse de son père et le lac de sa jeunesse en bordure du désert, aujourd'hui disparu. Elle a toujours préféré son fils Avner à sa sœur Dina, qui en a toujours souffert alors que lui cherchait le regard de son père. Quand le manque nous construit davantage que tout ce qu'on nous a donné ... Les choix et les hasards nous drainent à leur suite faute de résistance et on se réveille à quarante ans passés comme englués dans une vie qui ne nous correspond plus. Il est déjà trop tard pour Hemda, sauf peut-être à encourager ses enfants dans leur voie vers le bonheur ... Je ne sais pas si c'est un bon résumé de l'histoire que Zeruya Shalev a voulu raconter, c'est ce que j'y ai vu.

Ce qui reste de nos vies est un beau roman tourmenté, heureusement non dénué d'espoir. Sa lecture est plutôt exigeante mais grandement satisfaisante au lecteur concentré. Il permet d'entr'apercevoir une facette d'Israël et de l'âme humaine.

Folio - page 345

 Oh, Dinette, tu as drôlement de la chance de ne pas faire le même métier que moi, jamais tu n'aurais gagné de procès, la titille-t-elle, tu te culpabilises en permanence, et si tu te taisais un instant pour me laisser plaider ta cause ?
Reconnaissante, les yeux brillants, assise sur ce banc que recouvrent les branches chauffées à blanc, elle ferme la bouche et ouvre les oreilles, boit le beau discours de son frère bien qu'elle ait l'impression qu'il ne lui parle pas d'elle mais d'une autre femme, pleine de courage et de générosité qu'elle aurait été ravie de rencontrer, une femme qui avait été rejetée par sa mère et aspirait, pour le reste de sa vie, à ouvrir sa maison et son coeur à un petit enfant, lui aussi rejeté par sa mère.


Commentaires

  1. Bonsoir Sorel, j'ai découvert cet écrivain avec ce roman que j'ai trouvé remarquable. Et oui, c'est une lecture un peu exigeante mais ça vaut la peine. http://dasola.canalblog.com/archives/2014/08/23/30185783.html Bonne soirée.

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  2. Bonsoir Dasola, oui c'est vraiment de la littérature.

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