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Vers la beauté (David Foenkinos)

Vers la beauté - David Foenkinos

L'art est un baume réparateur pour le coeur

En librairie, j'ai tout de suite été accroché par le titre et la couverture de Vers la beauté. Par son pitch aussi : Antoine se fait embaucher comme gardien de salle à Orsay. Que s'est-il passé dans sa vie pour qu'il quitte Lyon, sa famille et son gratifiant poste de professeur à l'école des Beaux Arts, tout ça pour surveiller toute la journée les tableaux du musée parisien ? Le thème de la thérapie par l'art et la mise en scène du mystère de la reconversion, associés à la délicatesse de la plume de Foenkinos, laissait entrevoir la perspective d'un délicieux divertissement. Le récit commence bien : Mathilde, DRH au musée, tombe sous le charme de cet homme dont elle sent bien que l'apparent détachement cache une blessure béante. Elle sent confusément qu'elle aimerait être le baume apaisant de son coeur.

Pourtant, assez vite, en lieu et place d'un adroit rapprochement entre les deux protagonistes et surtout de l'enquête promise, l'écrivain choisit la technique du flashback pour dévoiler les raisons du changement de trajectoire d'Antoine. Il se lance dans un récit dramatique, et un peu trop chronologique, sur un thème marquant de notre époque qu'il faut découvrir en lisant le roman. Le sujet vaut évidemment le coup d'être traité et sa plume sensible et limpide, aux accents naïfs, allège à bon escient le sujet lourd par nature. Mais pour le coup, pour l'enquête on repassera et la recherche de la beauté, certes abordée, est à mon sens insuffisamment exploitée.

Folio - page 118

Ils partirent dans la même direction que la fois précédente. Leur allure présentait toujours cet attelage paradoxal, à la fois pressé et rêveur ; ils voulaient rentrer vite tout en profitant de leur errance à deux. Antoine se souvenait bien de ces moments. Au début de son histoire avec Louise, il l'attendait aussi à la sortie de la faculté, et quand ils se retrouvaient, le trajet le plus insipide prenait une tournure merveilleuse. Cela paraissait à la fois si lointain et si présent, comme si la rupture avait gommé les années de lassitude pour ne laisser apparaître que l'éclat du parfait.