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Berthe Morisot, le portrait de la femme en noir (Dominique Bona)

Berthe Morisot - Dominique Bona

L'amour est un bouquet de violettes

Ce livre m'a été offert par un ami et je l'en remercie car mon choix de lecture d'une biographie d'un Impressionniste se serait naturellement tourné vers Claude Monet ou Edgar Degas dont les peintures me touchent davantage. Il est évident que j'aurais regardé bien autrement la rétrospective, pourtant très appréciée, que le musée d'Orsay a consacré à Berthe Morisot en 2019 si j'avais lu au préalable son magnifique portrait par Dominique Bona. Pour celui-ci, l'Académicienne a obtenu la Bourse Goncourt de la biographie, récompense complètement méritée tant son travail très documenté et brillamment rédigé sur Morisot et son mouvement pictural, m'a passionné.

On y découvre l'artiste peintre pour laquelle on a du mal à ne pas préciser qu'elle est une femme. Cette problématique du genre devrait être un détail mais elle n'en est évidemment pas un à la fin des années 1860 lorsqu'elle se rapproche petit à petit du groupe qui deviendra celui des Impressionnistes avant d'en faire complètement partie. Elle grandit à la croisée de deux mondes qui l'ont chacun façonnée mais aussi protégée des nuisances de l'autre : la grande bourgeoisie conventionnelle et la société bohème des artistes. Elle prend le meilleur des deux, plus par nature que par choix puisqu'elle est le résultat d'une bonne éducation, certes policée mais aussi très ouverte d'esprit sur l'art.

De son vivant, elle ne sera ni portée aux nues, ni véritablement conspuée. Grâce à un caractère discret et patient, à défaut d'être serein, et par des rencontres qu'elle a appelée de ses voeux, notamment celle d'Edouard Manet à l'influence artistique et personnelle considérable, son parcours est constructif et assez paisible. Ses exigences et sa grande force de travail vont laisser derrière elle une oeuvre prolifique, peut-être moins célèbre que celles de Monet ou de Renoir mais non moins essentielle.

Le Livre de Poche - page 55

Fuir l'école, fuir l'atelier, fuir le musée, où s'enferment les médaillés des Salons, et trouver un maître qui enseigne autre chose : le paysage, justement, et la liberté. Elle n'est ni le premier ni le seul artiste à rêver de pareilles audaces. Mesure-t-elle la part de provocation que ce désir contient ? A-t-elle le sentiment de rejoindre une tendance, un courant de la peinture ? Le chemin buissonnier l'attire plus que la voie royale, l'aventure plus que les lauriers. Ou se contente-t-elle, comme elle le fera toujours, de suivre sa nature, rebelle, intransigeante ?