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Tout peut s'oublier (Olivier Adam)

Tout peut s'oublier - Olivier Adam

Mind the gap

Cela fait quelques mois que Nathan survit plus qu'il ne vit. Son ex-femme japonaise s'est enfui de France en emportant leur fils Léo sous le bras. Au Japon, il n'a aucun recours juridique, l'autorité parentale partagée n'existe pas, particulièrement avec un étranger. Il attend des nouvelles d'un détective privé engagé là-bas pour retrouver leur trace. En attendant il lèche ses plaies dans les bras de sa voisine qui, d'une autre manière, a aussi perdu son fils.

Une situation dramatique et cruelle. Un homme blessé au coeur. La Bretagne et le Japon. Des références politiques, cinématographiques et musicales ... Pour mon plus grand plaisir Olivier Adam fait du Olivier Adam.

Sans cliché ni pathos, on découvre une autre facette d'un pays qui fascine et qu'on ne peut pas s'empêcher de voir un peu autrement à la lumière de cette histoire forcément inspirée de faits réels. Le gap culturel entre Japon et occident sur ce sujet paraît infranchissable.

L'épilogue est saisissant. Il y a de quoi développer une suite : Nathan, Jun, Léo, Lise ... 15 ans après. Ça ferait un sacré bon bouquin, je suis sûr.

J'ai lu - page 255

Son voisin, un Français qui puait la sueur, le regarda d'un air méfiant. Le type devait avoir peur qu'il lui refile des microbes. Ça devait se voir qu'il était malade. Heureusement le reste était invisible. Ce qu'il venait de subir. Les jours qu'il venait de passer. Sa défaite. Son coeur arraché. Le reste demeurait à l'abri de ses paupières, dans l'étau de sa poitrine lacérée, parmi les décombres de son âme en charpie. Nathan espéra pour son compatriote que rien de tout cela n'était contagieux.